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Theatre

In a landscape

Concerts | double programmation (Susana Santos Silva + Ryan Kernoa)

Date
19 mars 2027
Lieu
Le Vent des Signes — 6 Imp. Varsovie, 31300 Toulouse
Ça va déchirer !
Susana Santos Silva
Comme tous les fleuves se jettent dans la mer, les sons qui s’échappent de la trompette de Susana Santos Silva déferlent avec force, dans un flot continu d’une profonde conscience artistique. La source de cet art, c’est la vie. La raison, inconnue. Le résultat, un moment d’ouverture, de magie.
Debout sur scène, seule avec sa trompette, emplie de désespoir et d’altruisme, elle ouvre la porte d’un lieu où la raison ne peut survivre. Rien n’est plus beau que cette fragilité qui nous caractérise, nous autres humains. Cette fragilité qui nous donne de la force. Laisser cette fragilité surfer sur les vagues de la mer, c’est s’ouvrir à la vie d’une manière si insaisissable qu’aucune tempête passagère ne puisse dévier de son chemin. Des errances intemporelles, sans cesse inspirées par l’enfant curieux qui n’a de cesse d’explorer, qui n’a de cesse de s’émerveiller.
Ryan Kernoa
Une guitare ténor américaine, retrouvée au fin fond d’un souk de Beyrouth. Une guitare acoustique, nue dans toute sa simplicité, sans artifice, sans looper, sans pédale. Juste le bois, les cordes, la résonance brute d’un instrument dépouillé. C’est dans cet état de pureté sonore que Ryan Kernoa façonne « Frapper », un solo de guitare où chaque son devient matière, comme une percussion fragile, une vibration résonnant dans l’espace, à l’image d’un piano à cordes frappées.
Musicien issu du théâtre et compositeur pour le cinéma et le documentaire, Ryan Kernoa explore ici une forme d’alchimie sonore, où plusieurs couches se superposent en un subtil layering, créant un jeu de textures où chaque motif devient l’écho d’un autre. Répétitions et variations s’entrelacent, transformant la perception du temps en un mouvement insaisissable.
Dans cette architecture sonore en suspension, chaque note semble flotter au-delà d’elle-même, laissant derrière elle une traînée de particules vibrantes, des résonances fantômes qui tissent un espace acoustique dont il est impossible de s’extraire. L’effet miroir de la répétition abolit les repères, dissout la frontière entre le dedans et le dehors, entre le son et son reflet.
Cette musique exige une concentration extrême, aussi bien du musicien que de l’auditeur, dans une écoute qui tient de la méditation. On ne reçoit plus simplement le présent, on l’habite différemment. La durée devient sans limite, le son ne tourne plus en rond mais se met à danser, à vivre de l’intérieur.
Dans ce flux hypnotique, les harmoniques se distillent, créant une sous-mélodie fantôme, un jeu de résonances successives où l’imitation et le relais questionnent sans cesse la matière sonore elle-même. Le son devient tactile, énergétique, vibrant d’une fragilité versatile, capturant tout ce qui ne peut être entendu / dit.
Dans cette oscillation infinie entre répétition et variation, le temps se dédouble, non pas pour se perdre, mais pour mieux saisir le présent.
 
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